jeudi 3 avril 2014

Un Océan d'Eau Liquide sur Encelade

La sonde Cassini actuellement en orbite autour du monde de Saturne a fourni les données sans conteste les plus intéressantes depuis bien longtemps : il y a bien un océan liquide sur Encelade! Ce satellite de Saturne de 500 km de diamètre avait été observé depuis 2005 en train de produire des sortes de jets d'eau vaporisée sortant de son pôle sud. 



Vue d'artiste de l'océan d'Encelade (NASA)
De multiples hypothèses avaient été émises quant à la source de cette eau. L'évidence a pu être apportée aujourd'hui grâce à des mesures de champ gravitationnel. Cette mesure montre qu'Encelade possède un vaste océan d'eau liquide, enfoui sous une très grosse couche de glace, qui montre quelques fissures, par lesquelles peut s'échapper de l'eau liquide, qui se sublime ensuite très vite dans le vide.

Cette mise en évidence acquise par des chercheurs italiens de l'Université de Rome et américains du Jet Propulsion Laboratory et du California Institute of Technology de Passadena sera publiée demain dans Science du 4 avril.

La mesure du champ gravitationnel d'Encelade a été effectuée de manière indirecte, grâce aux infimes variations de vitesses produites par les variations de densité de Encelade sur la sonde Cassini passant tout près. Les physiciens mesurent l'effet Doppler des émissions radio de la sonde reçues sur Terre pour en déduire ses variations de vitesse, et donc finalement l'évolution du champ de gravitation de la lune Saturnienne. Le système d'analyse des signaux radio utilisé dans cette étude, le Deep Space Network (DSN), permet une précision sur la variation de vitesse de la sonde de 90 microns/seconde, ce qui est assez fou...
Encelade imagé par la sonde Cassini
(NASA/JPL)

Cassini a survolé Encelade 19 fois en tout mais ce sont trois survols effectués entre 2010 et 2012 qui ont permis ces mesures précises de champ gravitationnel.
Et les mesures indiquent la présence d'un océan, possiblement localisé, et profond d'environ 10 kilomètres..., mais enfoui sous une couche de glace de... 30 à 40 kilomètres!...
L'analyse chimique des jets d'eau vaporisée sortant du pôle sud de Encelade avait montré la présence d'eau salée et de molécules organiques.
Evidemment, on pense naturellement à une possible vie microbienne dans cette eau liquide en subsurface.

L'impact peut-être le plus important de cette découverte est qu'il faut certainement revoir la définition de ce qu'est une zone habitable au sein d'un système stellaire.



Source : 
Communiqué NASA/JPL : http://www.jpl.nasa.gov/news/news.php?release=2014-103

Référence : 
The Gravity Field and Interior Structure of Enceladus
L. Iess et al.
Science  Vol. 344 no. 6179 pp. 78-80  (4 April 2014)